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Publié le jeudi 9 février 2017 à 17h57min par Armelle Parion

Des Ariégeois partent en Laponie pour témoigner du réchauffement climatique

500 km d’expédition en Laponie, avec deux attelages de chiens de traîneaux et deux motos neige, pendant trois semaines : cinq aventuriers ariégeois et de la région se sont lancé ce pari. Ils utiliseront de l’énergie propre et mèneront en parallèle un projet pédagogique.

La bande d’amis s’entraîne tous les week-ends dans les Pyrénées, avant le grand départ pour le pôle Nord, prévu le 19 février. Ils suivent une préparation physique intensive, à base de cryothérapie notamment, car là-bas, il fera moins 25 degrés en moyenne. « L’explorateur Stéphane Lévin nous a prévenus que la mission comportait des dangers de mort. Nous devons tout prévoir en termes de sécurité, car nous serons en autonomie totale. Avec le froid et la fatigue, nous pouvons vite rencontrer des galères », souligne Michel Boubekeur, 46 ans, musher amateur et passionné d’alpinisme. Fin janvier, ils ont passé une heure et demie à essayer de faire décoller leur traîneau, collés au sol, car la neige avait durci pendant la nuit. « Nous ne sommes pas des aventuriers. La priorité va être de faire du feu pour boire la neige », ajoute -t-il.

Baptisée Ulminak, l’expédition est le premier projet de l’association Tannak Aventures. Objectif : aller à la rencontre du peuple Sami, de ses éleveurs, et si possible des nomades, au nord de la Finlande, afin d’échanger sur leur vie quotidienne et de témoigner du dérèglement climatique. Un film sera tourné sur place, pour être diffusé dans les festivals de montagne. Le volet pédagogique est fondamental. Michel Boubekeur est intervenu dans six écoles élémentaires de Toulouse. Les élèves tiendront un carnet de bord pendant l’expédition, et travaillent déjà avec leurs enseignants sur le peuple Sami, pendant les cours de géographie et de sciences.

Innovations et énergies renouvelables

Pour financer son projet, l’équipe a réuni 118.000 euros, grâce à vingt-sept partenaires. Salarié chez Enedis, Michel Boubekeur a convaincu des sponsors dans le secteur de l’électricité. Mais le principal sponsor est l’entreprise toulousaine Nogues, spécialisée dans la conception d’équipements. Elle a fabriqué sur mesure les pulkas. Les gros traîneaux de 200 kilos, entièrement en aluminium, seront tirés par les moto-neige et équipés de deux panneaux solaires chacun, d’une éolienne, ainsi que d’un système de batteries au lithium.

Sigfox a innové, en créant des mini-stations pour les traîneaux, et des colliers high-tech destinés aux huskies. « Des capteurs, conçus par la start-up Captures, récupèreront la chaleur des chiens, pour la transformer par la condensation, et envoyer des messages GPS en très bas débit. C’est la preuve qu’on peut communiquer avec très peu d’énergie ». Des convertisseurs électriques alimenteront les ordinateurs, caméras et téléphones. « L’énergie renouvelable servira surtout la nuit. En journée, on la récupérera grâce aux alternateurs des motos ». Les traîneaux arboreront des graffitis de Reso, prônant le respect de la planète. L’association prévoit déjà de se lancer d’autres défis sportifs hors norme.
Armelle Parion