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Publié le jeudi 1er octobre 2015 à 15h22min par Aurélie de Varax

Depuis Toulouse, le Cerfacs « supercalcule » au service du changement climatique

Centre de recherche spécialisé dans la modélisation numérique, le Cerfacs vient de se doter de « Nemo », un supercalculateur basse consommation, à haut rendement. De quoi améliorer, notamment, les simulations autour du climat.

Il s’appelle Nemo et c’est la dernière acquisition du Cerfacs, centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique. Ce supercalculateur dernier cri est capable de tripler la capacité de traitement des données qui lui sont confiées en consommant deux fois moins d’énergie que ses prédécesseurs. « Nous allons obtenir trois fois plus de détails pour calculer des géométries plus proches du réel. Par exemple pour la prévision climatique, avec le même temps de calcul nous décrirons mieux le climat à l’échelle du globe, » souligne Olivier Tual, responsable de l’équipe modélisation du climat et de son changement global.

Abrité au coeur de la Météopole toulousaine et doté de plus de 130 chercheurs et ingénieurs, le Cerfacs jouit d’un positionnement que Catherine Lambert, sa directrice, qualifie d’unique en Europe : « Nous travaillons au croisement de la recherche et des applications industrielles, aussi bien pour le secteur public que privé et selon une gouvernance qui associe le secteur privé et public », détaille t-elle. La stratégie de recherche est fixée avec les sept associés - Airbus Group, le Cnes, EDF, Météo France, l’Onera, Safran et Total - qui contribuent à hauteur de 40% du chiffre d’affaires. Dans le cadre de ses collaborations avec Météo France, le Cnes, l’Onera et EDF mais aussi d’autres clients privés, le Cerfacs est très investi dans les secteurs de l’environnement et du climat.

« Nous poursuivons nos contributions aux rapports du Giec »

Sollicité par ses associés et ses clients, le Cerfacs intervient sur des sujets environnementaux très variés. « Nous avons montré qu’en 2050 l’été caniculaire de 2003 deviendra la norme, nous avons des simulations sur la propagation des feus de forêts, la force des vents, la prévision des inondations. D’ailleurs nous anticipons en 2050 une baisse de 20% du débit des rivières, » précise Olivier Tual. Autant de données qui intéressent au premier point des acteurs soucieux d’anticiper le potentiel de l’éolien, du débit d’une rivière ou certains risques naturels. Sur la prévision des crues, le Cerfacs a d’ailleurs développé une application pour le satellite Spot du Cnes.

La collaboration avec Météo France est également étroite. « Nous contribuons notamment aux rapports du GIEC en complémentarité : Météo France s’intéresse aux scénarios climatiques et nous à la prévisibilité décennale du climat, »précise Olivier Tual. Investi dans la médiation scientifique, le Cerfacs a porté l’initiative « le Train du climat » qui fera étape à Toulouse le 13 octobre prochain, dans le sillage de la Cop 21. En 2014, le chiffre d’affaires de l’organisme s’est établi à 8,6 millions d’euros.
Aurélie de Varax

Sur la photo : Pour accéder au supercalculateur Nemo, il est conseillé d’avoir un casque protégeant les oreilles, la machine est constamment rafraichie avec de puissants ventilateurs. Photos Kevin Figuier, ToulÉco