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Publié le jeudi 15 février 2018 à 18h21min par Aurélie de Varax

Depuis Toulouse, l’Acad fête vingt ans d’engagement au service de la coopération décentralisée

Ce jeudi 15 février, l’Acad - Association de Coopération entre Acteurs du Développement - fête ses vingt ans d’activités au service d’un développement solidaire local. Rencontre avec Mireille Murawski, sa déléguée générale.

Mireille Murawski, comment est née l’Acad, l’Association de Coopération entre Acteurs du Développement ?
Mireille Murawski : L’Acad est née en 1997 de la réunion de deux structures toulousaines : la Cimade Sud-Ouest où j’officiais, et des professionnels des questions urbaines, le Pact-Arim, réseau associatif incarné par Roland Hauswald, mobilisé sur l’habitat et le cadre de vie. Fort d’une vision partagée de la solidarité, nous nous sommes mobilisés ensemble dans le cadre du Programme Solidarité Habitat lancé en 1989 par l’Etat avec l’objectif de soutenir des actions, en France et à l’étranger, de lutte contre l’habitat insalubre. Dès 1992, nos équipes se sont engagées à Lanus dans la banlieue de Buenos Aires, dans un programme de coopération nommé « Riachuelo », qui a été le socle de la future Acad et le lieu de concrétisation de valeurs fondatrices et d’application de notre méthodes spécifiques. Ce projet a été présenté comme "best practice" en 2002 à Johannesburg, au Sommet mondial du développement durable. Cela nous a mis le pied à l’étrier pour poursuivre notre action au sein d’une structure commune.

Quelle est la spécificité de l’Acad et quelles sont ses missions ?
Nous faisons de la maitrise d’ouvrage délégué en coopération internationale. L’Acad est une association qui regroupe une vingtaine de professionnels de l’aménagement et du développement social - architectes, urbanistes, économistes, ingénieurs, spécialistes de l’insertion et de l’habitat, communicants-, souvent toulousains qui ont tous une expérience en France et sur les cinq continents. Et tous ont choisi de donner du temps et des compétences, au service d’un développement urbain et social durable. Nous sommes la boite à outil des collectivités locales qui ont un projet de coopération décentralisée avec un partenaire étranger et qui ont besoin d’aide pour le structurer, réunir un budget et le coordonner sur le long terme. Ce qui fait notre spécificité aussi est une analyse : celle que les populations des pays en voie de développement et des pays émergents souhaitent participer à leur propre développement. Les actions de coopération nord-sud que nous menons en appui aux collectivités locales sont toujours pilotées en favorisant les relations et échanges Sud-Sud. Une de nos marque de fabrique est de veiller à toujours mettre tous les acteurs concernés autour de la table pour créer une vision partagée.

Quelques exemples d’actions ?
Nos équipes ont été d’abord fortement investies en Argentine, puis ensuite en Uruguay, à Saint-Domingue, au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Maroc, au Brésil, au Mali, en Palestine, en Centre Afrique, au Sénégal. La dominante de ces contributions au développement ? Une approche urbaine et sociale, avec des problématiques de foncier, de logement, d’accès à l’eau. J’aimerais citer un projet : c’est la Palestine. Sollicitée par les réseaux des jeunes palestiniens de Toulouse, l’Acad a accepté de monter un premier projet d’amélioration de l’accès à l’eau potable à Tubas en 2007 : la construction d’un réservoir d’eau de 900 m3 et des conduites principales. Ce projet a été appuyé par deux communes en Aquitaine, ainsi que par l’Agence de l’Eau Adour Garonne et le Ministère des Affaires Etrangères français. Fort du succès de cette première pierre, l’Autorité Palestinienne de l’Eau (PWA) a souhaité encourager la coopération décentralisée et a ensuite soutenu des projets à l’échelle des communes et des collectivités locales à Beît Syra, puis, plus tard, à Ramallah. L’Acad a également accompagné la PWA pour obtenir des fonds européens pour la construction d’une station d’épuration à Tayasser pour toute la zone de Tubas alors que les israéliens s’y opposaient. Résultat : la mobilisation de 22 million d’euros. Je crois en l’importance de la diplomatie des villes. En agissant sur la qualité de vie des gens sur place, nous pouvons limiter les tensions et avancer.

Propos recueillis par Aurélie de Varax

Retrouvez l’intégralité de l’histoire de l’Acad dans l’ouvrage "La coopération à hauteur d’homme", édité par l’Acad. Avec la préface de Charles Josselin, ancien Ministre de la coopération, Président Honoraire de Cités Unies France (CUF).