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Publié le jeudi 21 décembre 2017 à 18h17min par Aurélie de Varax

Depuis Toulouse, APIcampus réunit étudiants chercheurs et entreprises au chevet des abeilles

L’université Toulouse III - Paul Sabatier poursuit sa transition écologique avec le lancement du projet APIcampus le 13 décembre dernier. Un projet de ruches connectées qui mobilise chercheurs, étudiants, entreprises et riverains pour cinq ans au chevet des pollinisateurs.

Fidèle à ses engagements consignés dans son Plan Vert en septembre 2016, l’Université Paul Sabatier a mobilisé les acteurs de son concept « Campus Innovant » pour co-construire un projet autour de la préservation de la biodiversité. APIcampus a été lancé le 13 décembre à Toulouse. « APIcampus s’inscrit dans la philosophie du Campus Innovant inauguré il y a un an pour faire émerger des projets porteurs en termes de formation, d’innovation et de recherche pour décloisonner le campus et en faire un lieu d’expérimentation in-vivo. Nous avons déjà le Campusfab (notre Fab lab), les jardins Agroécologiques, le Catalyseur (notre tiers lieu collaboratif) et Neocampus sur le volet recherche action sur la transition écologique. APIcampus apporte l’ancrage de la biodiversité », précise Nathalie Del-Vecchio, coordinatrice du projet.

Dès janvier, sur le campus de Rangueil, un chantier participatif avec Arbres&Paysages d’Autan permettra de planter deux-cent arbres d’essences variées (potiers sauvages, érables, tilleuls des bois, néfliers etc.). Et cinq ruches seront installées dans le rucher du CRCA. Actuellemnt en montage au sein du Campus fab, elles seront équipées de capteurs nouvelle génération proposées par les étudiants du Master 2 SME (Systèmes et microsystèmes embarqués). Car l’idée est bien de mettre les étudiants au coeur du projet en leur donnant la possibilité, via un projet décloisonné et en lien avec des chercheurs, de s’impliquer dans l’innovation environnementale.

Questionner le rôle des pollinisateurs dans la chaine alimentaire

Selon Nathalie Del-vecchio, la force de ce projet réside dans sa co-construction qui mobilise les chercheurs de l’Université, les étudiants, les entreprises autour du campus et même les riverains. « L’ambition est d’inviter chacun, à sa mesure, à participer à l’innovation en matière de biodiversité. Les étudiants du Master 2 et les chercheurs des laboratoires travaillent à partir des capteurs développés par l’entreprise BeeGuard partenaire du projet. L’objectif est de développer de nouveaux capteurs permettant d’enrichir les informations collectées sur chaque ruche : ensoleillement, pollen, présence de parasite, impact du frelon asiatique, impact de la pollution atmosphérique et des variation climatiques. »

Côté ambition, APIcampus comporte également un volet fort sur la sensibilisation des étudiants et des riverains aux pollinisateurs via des ateliers et conférences planifiées régulièrement sur le campus. Ce programme à plusieurs volets est lancé pour cinq ans avec de nombreux soutiens dont le Crouss, le Conseil régional, l’Université fédérale et la Caisse des dépôts. Si un important travail reste à mener sur la modélisation des données récoltées via les ruches connectées, l’idée est leur mise à disposition ouverte. « Le jour où nous pourrons analyser les données recueillies sur tout un territoire, nous pourrons expliquer ce qui influe sur un bon développement des abeilles et repenser le milieu urbain », insiste la coordinatrice.
Aurélie de Varax

Sur la photo : Christian Lubat (Beeguard), Alexis Buatois (CRCA) et Paul Marchal (CRCA) installent des capteurs Beeguard sur le cadre d’une ruche. Photo BeeGuard Emmanuel Navarro.