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Publié le jeudi 10 septembre 2015 à 16h39min par Aurélie de Varax

Depuis Gargas, Yuma conçoit des panneaux solaires cylindriques pour la Sun Belt

Avec ses panneaux solaires cylindriques, adaptés aux conditions de poussières des pays chauds, Yuma prépare une petite révolution dans le monde de l’énergie du soleil. A la clé : un gain de productivité de 15 à 30%.

« D’ici 2030, 58 % des installations solaires seront dans les pays de la Sun Belt contre moins de 5% aujourd’hui, » s’enthousiasme Frédéric Navallon. Engagé dans l’énergie solaire photovoltaïque depuis plus de dix ans, l’entrepreneur qui est aussi à la tête du Groupe Navallon, a co-fondé en 2011 à Gargas, la société Yuma avec Fabien Lhuiller, le fondateur de Mecosun. Yuma France construit actuellement, en zone désertique, son premier pilote d’installation photovoltaïque nouvelle génération dans le cadre d’un partenariat conclu avec EDF Energie Nouvelles. D’une puissance installée de 50 kWh, le gain de productivité estimé se situe entre 15 et 30% par rapport aux systèmes classiques.

« Sur la base de brevets, nous avons développé un système de récepteurs solaires adaptés qui ne sont pas plats mais cylindriques. Ils tournent sur eux-mêmes dans la journée évitant l’accumulation de sable, » détaille Frédéric Navallon. Résultat, moins de nettoyage, une performance accrue et, à moindre coût, puisque le procédé permet d’optimiser l’utilisation du silicium, le composant le plus cher du système. « Notre prix se situe entre 1 et 1,5 dollar du watt installé. Ensuite nous produisons de l’électricité à moins de 10 centimes de dollar le kWh. »

Un projet de ligne d’assemblage sur le territoire

Cinq ans de R&D ont été nécessaires pour mettre au point cette innovation technologique dont le premier pilote sort à la fin de l’année pour une mise sur le marché, après certification, fin 2016. « Nous avons investi 1,5 millions sur fonds propres et levé 2,5 millions auprès de business Angels, de la BPI et de la Région Midi-Pyrénées, » raconte Frédéric Navallon. Parmis ses partenaires, Yuma travaille avec le Fraunhofer-Institut (Freibourg-Allemagne) pour la conception des cellules photovoltaïques, l’entreprise montpelliéraine Irysolar (Groupe Semco) sur le process d’industrialisation et le CEA Tech Midi-Pyrénées sur le volet certification. Une nouvelle levée de fonds de 2,5 millions d’euros est en préparation pour financer une ligne d’assemblage du système et permettre sa commercialisation à l’international.

Côté stratégie, l’entreprise veut apporter sa technologie à des développeurs de projets internationaux dans le cadre de grands appels à projets internationaux et vise aussi la diffusion de sa technologie par transfert de compétences auprès de partenaires locaux, moyennant royalties. « Nous espérons dépasser les 30 millions d’euros de chiffre d’affaires dans les cinq ans pour au moins 20 emplois créés. » Soucieuse d’avoir un retour sur la performance de son produit sur les différentes régions de la Sun Belt, Yuma essaime également des installations pilotes comme le premier Care Center livré au Mali en juin dernier. C’est un conteneur aménagé en centre d’accueil pour soins médicaux, couvert des panneaux photovoltaïques cylindriques de Yuma, un projet réalisé avec l’Institut toulousain Loris Azzaro.
Aurélie de Varax

Sur la Photo : le pilote du premier Care Center dont les clés ont été remis le 26 juin à la première dame du Mali. Sur la photo de gauche à droite : Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, la première dame du Mali et Frédéric Navallon co-fondateur de Yuma. Photo Yuma France.