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Publié le jeudi 6 octobre 2016 à 21h54min par Aurélie de Varax

Depuis Albi, lancement de la monnaie nationale complémentaire Coopek

C’est la première monnaie complémentaire nationale en France. A parité avec l’euro, le Coopek ambitionne d’être la monnaie des quatre transitions : énergétique, alimentaire, carbone et sociale. L’ouverture des comptes en Coopek est active depuis lundi.

C’est parti pour le Coopek. Depuis lundi, les acteurs publics et privés peuvent souscrire à la SCIC éponyme pour ouvrir un compte en Coopek. Moyennnant un abonnement de vingt euros par an, ils recevront une carte de paiement pour effectuer leurs achats auprès des opérateurs agréés du territoire, dès le 17 octobre. " C’est une monnaie de consommation qui va générer de l’activité et de l’emploi sur les territoires mais c’est surtout une monnaie d’investissement pour accompagner les quatre transitions énergétique, alimentaire, carbone et sociale. Un outil financier nouveau dans le paysage économique pour couvrir des domaines actuellement non remplis", se félicite Gérard Poujade co-fondateur de la monnaie et directeur général de la SCIC. Les principaux fondateurs financeurs sont le réseau Biocoop, la région Occitanie et les coopératives d’activité et d’emploi du Tarn.

Financer les transitions

A parité avec l’euro afin d’éviter la spéculation et 100% numérique pour faciliter la traçabilité et la sécurité des flux, la monnaie Coopek est nationale, - à l’image du WIR en Suisse ou du RES en Belgique, deux monnaies qui ont une place dans le PIB national -, car « une très faible part des achats des entreprises de négoce est locale," précise Gérard Poujade.

Côté avantages, le particulier bénéficie de bonus pour améliorer son pouvoir d’achat. Lors d’un échange d’euros en Coopek, son compte est crédité de 10% en plus dont 5% en Coopek Solidaire pour financer des associations à but non lucratifs. Les entreprises elles, peuvent accéder à des crédits mutuels inter-entreprises à taux zéro, aux profits de projets à fort impact sociétal. "Cela peut être la construction de logement favorisant l’accès à la propriété, l’accompagnement de solutions techniques et financières en faveur de la transition énergétique comme les projets d’auto-consommation collective ou encore l’installation d’un maraicher biologique. Nous allons sensibiliser les TEPCV [1] de l’intérêt du crédit Coopek pour générer du crédit intérieur brut local" complète Gérard Poujade.

Objectif 2020 : 15 millions de Coopek en circulation

Pour que le système monétaire Coopek fasse ses preuves, la SCIC qui compte actuellement neuf collaborateurs à Albi a divisé le territoire en 308 secteurs d’environ 200.000 habitants qu’elle compte mailler progressivement, en s’appuyant sur des Aktiveurs. Leur rôle : "essaimer l’usage du Coopek en un réseau de fournisseurs et clients afin que les Coopek reçus par une entreprise, association ou un particulier sur un secteur donné, puissent être dépensés en Coopek et non échangés en Euro", détaille Gérard Poujade.

Le dirigeant escompte dans chaque secteur un noyau de quarante professionnels aux profils complémentaires pour une croissance homogène des échanges. "Nous démarrons sur dix secteurs dont l’Occitane, Paris et Rhône-Alpes et espérons dépasser les 10.000 entreprises sur le territoire national d’ici deux à trois ans". L’objectif d’ici 2020 est d’atteindre 15 millions de Coopek mis en circulation, 15.000 entreprises et associations affiliés et 50.000 particuliers.
Aurélie de Varax

Photo SCIC Coopek.

Notes

[1Territoire à énergie positive pour la croissance verte

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