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Publié le jeudi 16 mars 2017 à 15h42min par Johanna Decorse

Curupira, le bon génie de l’université Jean-Jaurès

Installé depuis novembre sur le campus de Toulouse Jean-Jaurès, le café culturel Curupira porté par la société coopérative éponyme développe depuis le début d’année une activité de cantine éthique privilégiant les circuits courts et les produits de saison.

Habitée par l’esprit du génie protecteur de la forêt dans la mythologie brésilienne, la cantine Curupira a pris ses quartiers fin novembre sur le nouveau campus de l’université Toulouse Jean-Jaurès. Ce lieu de restauration alternatif qui revendique « bon sens » et « innovation sociale » est porté par la scop du même nom créée en 2016 par trois étudiants de l’université. Edson Zenebra, Audrey Bretaudeau et Remi Maître qui, dès 2014 planchaient sur un projet collectif d’épicerie au sein de la faculté dans le cadre de leur master Nouvelle économie sociale, sont rapidement passés du papier à la réalité.

« Alors que le campus était en pleine reconstruction, nous avons appris qu’un espace du département de psychologie serait réservé à une cafétéria. Nous avons proposé notre projet. A l’époque, il semblait acquis que le Crous, avec qui nous étions en concurrence, allait obtenir le marché. Des enseignants, des étudiants et du personnel administratif se sont mobilisés pour encourager notre dossier. La direction de l’université a finalement lancé un appel d’offres pour une délégation de service public et notre candidature a été retenue », explique Rémi Maître, cogérant de la scop. Engagés dans une DSP de cinq ans, les trois coopérateurs ont investi personnellement 10.000 euros et levé quelque 40.000 euros sous forme de prêts auprès de Midi-Pyrénées Active et de la coopérative financière la Nef pour concrétiser leur projet.

Consommer local

Café culturel au départ, Curipira propose depuis le mois de janvier des plats élaborés sur place avec des produits issus de circuits courts et de saison. On y sert des formules végétariennes comptant salade, soupe, plat et fruits frais au tarif de 6,10 euros et de 5 euros pour les étudiants. Jus, fruits et légumes proviennent d’un agriculteur de Rabastens et le pain, d’un boulanger labellisé Nature et Progrès. Ouvert de 8 heures à 18 heures, ce nouveau lieu s’organise autour d’une vaste salle de 100 mètres carré meublée avec des chaises récupérées dans les amphis et des tables construites par les coopérateurs lors d’ateliers participatifs et d’une terrasse de 150 mètres carré.

Le génie de Curupira étant aussi, par ses recettes, son travail sur le goût et son atmosphère, d’être la vitrine d’une certaine vision de travailler et de consommer. « Notre idée était de sensibiliser à une alimentation équilibrée et de rendre accessible la nourriture locale, biologique et paysanne à une population étudiante qui n’a pas forcément le pouvoir d’achat pour cela. Notre volonté était aussi de montrer, dans un lieu comme l’université où se forme la pensée qu’entreprendre collectivement et inscrire l’économie au plan local, nourrit un affect heureux », poursuit Rémi Maître.

Inauguré officiellement ce jeudi 16 mars, Curupira sert actuellement une centaine de couverts par jour. L’équipe de la cantine, composée au total de quatre personnes, s’est fixée d’atteindre les 110.000 euros de chiffre d’affaires en 2017 et compte aussi sur l’organisation d’événements et une « programmation culturelle transversale » pour développer et pérenniser la structure.
Johanna Decorse

Sur la photo : L’équipe de Curupira privilégie les circuits courts et les produits de saison pour élaborer ses menus quotidiens. Photo DR

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