ToulÉco Green

Publié le jeudi 19 avril 2018 à 16h31min par Aurélie de Varax

Coup d’envoi des 48 heures de l’agriculture urbaine à Albi, Toulouse et Montpellier

Les 21 et 22 avril, les habitants de Montpellier, Toulouse et Albi sont invités à semer des graines et consommer local. Rencontre avec Christian Ortega , fondateur de Greenmycity, qui co-pilote les 48 heures de l’agriculture urbaine à Toulouse.

Christian Ortega, les 48 heures de l’agriculture urbaine commencent demain. Quel est l’objectif ?
Le premier objectif est de multiplier des espaces cultivés en ville et en périphérie et d’amener le plus grand nombre possible de citadins à mettre les mains dans la terre. Pour nous, c’est une réponse simple et efficace à la nécessaire transition écologique. Le second enjeu est de fédérer les acteurs de l’agriculture urbaine autour d’un réseau dynamique qui nous permettra d’impacter la ville de demain pour qu’elle soit plus verte, plus respirable et plus agréable. Le troisième est une démarche de défense des paysans et des terres agricoles qui fournissent notre alimentation.

Que va-t-il se passer en Occitanie ?
Des activités sont organisées à Montpellier, Albi et Toulouse [1], les 48 heures de l’agriculture urbaine à Toulouse. par des collectifs associatifs. Au total, treize ville sont engagées en France dans cet événement qui a été lancé il y a trois ans à Paris par l’association la Sauge. Le principe est d’organiser des animations pour permettre aux citadins de remettre les mains dans la terre et de réfléchir à l’alimentation. Ce sont par exemple des démarches participatives de jardinage, de foires aux graines, de végétalisation des espaces urbains, de pique-niques zéro déchets et de festivités comestibles dans des restaurants engagés. Ce sont aussi des ballades, et toutes sortes d’activités autour de la biodiversité, des économies d’eau et de l’agriculture. A noter qu’à Toulouse, la Mairie est très active puisqu’elle organise six activités.

L’artificialisation des sols augmente en Occitanie. Avez-vous l’impression d’être entendu par les pouvoirs publics ?
C’est indéniable que la population augmente et la difficulté est d’éviter que la ville ne déborde trop sur les campagnes. Il faut rendre la ville proche agréable en développant ses espaces verts et en préservant les lieux de verdure et faire en sorte que les nouveaux citadins s’insèrent dans un tissu proche de la ville. La difficulté est qu’il est pratiquement impossible de conserver un terrain devenu constructible pour en faire une oasis de biodiversité urbaine. Notre enjeu est de fédérer toutes les associations et aussi de convaincre les pouvoirs publics. Les équipes en charge du développement durable de Toulouse Métropole, par exemple, sont très compétentes et motivées mais Toulouse est avant tout tournée vers ses enjeux économiques. Si nous regardons les investissements dédiés, c’est évident que le plan climat n’est pas assez pris en considération dans le PLUIH [2] et le plan de mobilité urbaine. La Métropole s’est engagée à 20.000 euros pour le plan alimentaire territorial en complément des 50.000 euros dotation nationale contre quatre millions d’euros pour les voitures connectés. Tout le monde - métropoles et région - semble convaincu que c’est par l’alimentation qu’on peut travailler sur le sujet de la biodiversité en ville et de l’agriculture locale mais il faudra aussi mettre les moyens.
Propos recueillis par Aurélie de Varax

Photo DR.

Notes

[1A Toulouse, la manifestation est co-pilotée par GreenmyCity, le CPIE Terres Toulousaines, FReDD et le Réseau-Agriville.

[2Plan Local d’Urbanisme intercommunal - Habitat