ToulÉco Green

Publié le mercredi 11 novembre 2015 à 23h40min par Aurélie de Varax

Cop21. Depuis Toulouse, la Journée 123 Climat prône le passage à l’action

La journée 123 Climat a mobilisé près de 400 personnes le 9 novembre à Entiore. Organisée par ToulÉco Green et la CCI Midi-Pyrénées en partenariat avec Toulouse Métropole, Ecocert, l’Arpe et Toulouse Business School, l’objectif était de plancher sur les solutions face au réchauffement (...)

En préambule à la Cop21, la journée 123 Climat a mobilisé près de 400 personnes dans les locaux de Toulouse Business School à Entiore. Conférences, témoignages et ateliers ont permis de plancher sur les solutions concrètes face au réchauffement climatique déjà sensible en Midi-Pyrénées. Selon Météo France, l’observation des températures sur le dernier siècle fait état d’un réchauffement moyen de 1,6 degré en Midi-Pyrénées et la température moyenne devrait augmenter au minimum d’un degré d’ici 2050. « Le climat actuel va se déplacer de 150 kilomètres vers le nord et Toulouse pourrait se retrouver avec le climat du Maroc ou de l’Andalousie », a souligné Valéry Masson, chercheur à Météo France.

Si l’action sur le changement climatique est souvent associée à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, Rachel Jouan, enseignante à TBS et consultante en adaptation au réchauffement climatique a rappelé aux collectivités et entreprises l’importance de l’adaptation. « Le climat a un impact sur nos territoires : risques d’inondations, de canicules, stress hydriques, baisse de l’enneigement, hausse des prix des matières premières et de l’énergie etc. Pour les entreprises, cela crée des risques et des opportunités. »

Anticiper les risques

« Les politiques n’ont pas attendu la Cop21 pour agir sur l’atténuation des gaz à effets de serre dans les secteurs prioritaires que sont les transports et le bâtiment », a rappelé Elisabeth Toutut-Picard, présidente de la commission Environnement et développement durable de Toulouse Métropole. Et de souligner que « le nouveau plan climat énergie territorial a ajouté la compétence de l’air et les politiques d’adaptation, une réflexion qui passe par la gestion anticipée des risques. » Comme éviter d’imperméabiliser les sols et d’augmenter l’îlot de chaleur urbain en bétonnant.

Sur la future grande région qui sera la première région viticole française, une hausse des températures pourrait avoir des conséquences dramatiques. Dans le sud-est, les dégâts dus aux inondations de 2014 ont couté 600 millions d’euros et 1800 entreprises ont été impactées. Didier Gardinal, président de la CCI Midi-Pyrénées conseille de veiller à ses contrats d’assurance et d’agir en prévention même si cela nécessite des investissements. « C’est aussi le moyen de créer des avantages compétitifs et d’identifier de nouveaux marchés. »

Changer de logiciel

Les entrepreneurs doivent chausser des lunettes long-termistes pour choisir ensuite les priorités. Selon Rachel Jouan, « il faut se concentrer sur la robustesse de son business, rechercher la sécurisation de ses investissements et faire un état des lieux de sa vulnérabilité du sourcing à la vente. » A ce titre, le développement du numérique propose des outils de visualisation prédictive des impacts du changement climatique, comme le portail Drias proposé par les laboratoires français de modélisation du climat dont Météo France et le Cerfacs.

Finalement, les solutions sont collectives et invitent à une nouvelle gouvernance des entreprises et des collectivités. Selon Gérard Poujade, président de l’Arpe, il faut arrêter l’auto-satisfaction et se fixer des objectifs significatif et ambitieux. « L’agenda 21 de l’Arpe invite les territoires d’ici 2025 à devenir des territoires à énergie positive, entièrement compensés carbone et zéro pauvreté. » Et de citer l’impact positive de la redevance incitative où les déchets sont facturés en fonction de ce qui est jeté. « C’est mis en place à Besançon, cela nécessite peu de financement et ça marche. » Pour William Vidal, président d’Ecocert qui a doté le groupe du premier bâtiment à énergie positive en paille et bois locaux, il faut mettre en place de nouveaux tableaux de bords dans les organisations : « Faire son bilan carbone, eau, biodiversité, social et essayer de compenser quantitativement et qualitativement ses externalités négatives. C’est vrai pour tous : les particuliers, les collectivités et les entreprises. »
Aurélie de Varax

Crédits photos : Hélène Ressayres Touléco.

1 Commentaire

  • Le 12 novembre 2015 à 16:27 , par Jerome

    Le changement climatique en général et l’absence totale d’action (hors com’ que l’on peut alors plus appeler du greenwashing) reposent sur les élus. L’exemple toulousain en est la caricature avec :

    • le tout voiture et la com autour d’une 2nd Rocade alors que son utilité a déjà été rejetée en… 2006 parce que l’accroissement d’infrastructures routières accélère l’utilisation de la voiture et freine les déplacements. Ce n’est donc pas une réponse aux besoins de mobilité.
    • un TGV qui ne répondra que dans le nom à des gains de temps car bien sûr le paramètre temps n’est pas le seul sur lequel il faut jouer pour en gagner… Par contre il est extrêmement coûteux et accélère, comme tous les choix de nos politiques le changement climatique aux dépens de tous. La cour des comptes est d’ailleurs contre.
    • etc…

    Pourquoi encore laisser les élus s’exprimer alors qu’ils ne sont plus à l’origine d’améliorations pour la collectivité ? En quoi « Les politiques n’ont pas attendu la Cop21 pour agir sur l’atténuation des gaz à effets de serre dans les secteurs prioritaires que sont les transports et le bâtiment » ? En retardant encore et toujours le prolongement de la ligne B ? En rendant inutilisable trottoirs et pistes cyclables ? En favorisant les possibilité de stationnement dans les logements neufs au lieu de prévoir des stationnements appropriées aux véhicules adaptés à la ville ? En n’inscrivant pas l’éco-conduite comme un devoir de tout conducteur de bus ? En n’intégrant pas de bonnes pratiques au sein de leurs équipe ou simplement dans les bâtiments municipaux ? En faisant appel à des salariés détachés ? En faisant leurs « courses » publiques et privées hors France, alors qu’ils communiquent sur l’économie locale ? Toulouse est-elle sur la bonne voie pour réduire par 4 ses émissions de GES avant 2050 ? … Les élus apparaissent le plus souvent comme le frein majeur aux changements de nos sociétés… et la démocratie participative, idéale dans les textes, une poudre aux yeux coûteuses pour cautionner des pratiques accroissant les désordres à tous les niveaux.
    Le devoir des journalistes est de ne pas divulguer les messages des élus sans analyse, sinon c’est une prestation publicitaire et il faut la facturer.

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