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Publié le jeudi 14 septembre 2017 à 15h38min par Aurélie de Varax

Contrat de filière en vue pour doper la filière bois en Occitanie

Les premières Assises régionales de la filière-bois organisées mardi 12 septembre à Toulouse fixent le cadre du futur contrat de filière. Une restructuration régionale est attendue pour cette filière jugée à haut potentiel mais actuellement, en grande difficulté.

Événement marquant ce mardi 12 septembre : l’interprofession Fibois, qui regroupe tous les acteurs de la filières forêt-bois sur la région Occitanie, organisait les premières assises régionales de la filière, en partenariat avec l’Etat, la Région Occitanie et l’Ademe. Objectif : partager l’état des lieux et les enjeux de la filière sur le territoire régional et préparer les contours des futurs et très attendus Plan bois 2018 et Contrat de filière, dont les livrables sont à l’agenda 2018.

Il faut dire que l’urgence est là face à un paradoxe régional. « Nous sommes la seconde surface forestière nationale mais la quatrième pour le volume de bois récolté, la cinquième pour la production de sciages et la dixième en terme d’effectifs salariés » déplore Christophe Gleize, le président de Fibois, la nouvelle interprofession née de la fusion début septembre de Midi-Pyrénées Bois et son homologue languedocien Arfobois. Côté diagnostic, les besoins sont présents à chaque étape de la filière.« Il faut accompagner la production et l’exploitation forestière notamment sur les conditions d’accès. La première transformation doit être renforcée pour produire au plus près des attentes du marché avec des scieries modernisées et des synergies nouvelles pour retrouver de la compétitivité. Enfin, il faut consolider sur le territoire de nouveaux outils de deuxième transformation », précise le responsable. L’approvisionnement en bois local se situerait en Occitanie entre 30% et 50% alors que 80% des bois utilisés pourraient venir de la région.

Valoriser aussi le bois énergie et le carbone stocké

La nouvelle dynamique engagée lors de ces premières Assises se matérialisera en 2018 à travers deux grands documents structurant pour la filière. Le programme régional forêt bois, déclinaison en région du Programme National de la Forêt et du Bois (PNFB) fixe des objectifs de long terme pour une durée de dix ans. Le second outil, le contrat de filière régional dont la nouvelle interprofession Fibois sera la cheville ouvrière s’appuyera sur les réflexions stratégiques menées dans les anciennes régions, ainsi que sur les travaux de ces premières assises, pour proposer des actions opérationnelles en faveur du développement économique de la filière.

« Ce contrat va permettre de sortir de la logique de chapelle avec un projet unifié et solidaire pour l’ensemble des acteurs quelque soit leur place sur la filière. Nous devons travailler sur l’amélioration des dessertes, les transformations et également la prescription, [1] dynamiser la construction bois et le bois énergie qui est un pilier de l’ambition régional Repos. La commande publique sera un outil et nous comptons aussi développer des mécanismes innovants autour des approches de compensation. La forêt et la filière bois sont des supports de services écosystémiques avec une composante carbone forte que nous pouvons valoriser économiquement », résume Christophe Gleize. Dans la filière bois actuellement, des millions sont investis pour une marge très faible. Or la filière forestière rend des services au-delà de la production de bois. Elle épure l’eau, fixe du carbone, accueille de la biodiversité et est un écrin de vie sociale. Des services rendus par la forêt qui sont évalués à 900 euros par hectare et par an.
Aurélie de Varax

Photo DR.

Notes

[1La part de marchés des maisons individuelles en bois est de 6,9% en Occitanie (9,1% au national) et la part de marché des logements collectifs en bois est de 3% (4% au national).