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Publié le jeudi 14 novembre 2019 à 17h13min par Armelle Parion

Consign’up veut déployer le retour de la consigne en verre en Occitanie

L’association toulousaine travaille pour réimplanter la consigne en verre en Occitanie, grâce à des partenariats avec des producteurs de boissons, des distributeurs et des entreprises logistiques. Une initiative prometteuse, soutenue par la Région et Toulouse métropole.

Collecter les bouteilles sales, les laver, et les revendre à des conditionneurs de boissons (vin, bière et jus de fruits) : la première expérimentation, menée sur trois mois par Consign’up en 2019, a été concluante. Avec l’engagement de dix-huit producteurs de vins, de bières et de jus de fruits, vingt points de vente sur la métropole, et deux entreprises logistiques (Green Buro et Applicolis), le taux de retour a atteint les 26%. Sur les 23.700 bouteilles consignées vendues par les distributeurs ou les producteurs, 6200 ont été restituées par les particuliers.

« Ces résultats très positifs nous encouragent à développer le projet. Une cinquantaine de partenaires potentiels se sont manifestés. Nous avons l’ambition de créer une consigne incitative en numéraire ou en bon d’achat pour aller chercher un public pas encore acquis », souligne Caroline Pillore, l’une des trois cofondatrices, aux côtés de Marion Lembrez et Cécile Gau.

Une campagne de financement participatif a été lancée, fin octobre. Les 9500 euros récoltés permettront de créer un logo pour identifier les bouteilles consignées, de développer un cahier des charges de la consigne pour chaque segment de boisson (avec une gamme courte de bouteilles compatibles au lavage), d’acheter du matériel de stockage et de transport, de réaliser le lavage des premières bouteilles avec une station partenaire, et de mailler le territoire de futurs points de collecte.

Plus écologique que le recyclage

Consign’up souhaite se déployer sur un rayon de cent kilomètres autour de Toulouse. Incubée par Première Brique pendant dix-huit mois et soutenue par la région Occitanie, Toulouse Métropole et Zero Waste Toulouse, l’association a bien étudié les conditions clé du succès de la consigne et les projets émergents en Europe. « Il est possible de réutiliser jusqu’à cinquante fois les bouteilles répondant au cahier des charges du lavage industriel. La consigne est rentable économiquement et écologiquement au-delà de deux lavages, et nous en visons vingt. Avec un périmètre local et moyennant une machine performante, le réemploi permet d’économiser 79% des émissions de CO2 et 33% d’eau par rapport au recyclage », souligne Caroline Pillore.

Le verre a beau être le matériau le mieux recyclé de France, la procédure n’en demeure pas moins polluante : il faut laver les résidus de verre, y injecter de la matière première, et refondre le tout en chauffant à 1500 degrés.

Rentable dans les trois ans

Consign’up prévoit d’atteindre son seuil de rentabilité dans les trois ans, avec un volume de 700.000 bouteilles lavées par an, grâce à un outil de lavage mutualisé, qui représente un 100.000 euros d’investissement. L’association espère créer deux postes à plein temps, pour la coordination et le volet technique, et huit emplois d’ici cinq ans.

« Nous réfléchissons à faire de l’insertion. Un fabricant de cosmétiques nous a également approchés, pour remplacer ses contenants en plastique par des contenants en verre consignés », confie Caroline Pillore. L’évolution législative semble elle aussi favorable. Le Sénat vient de retoquer un projet de loi sur l’économie circulaire, pour y ajouter le réemploi du verre.
Armelle Parion

Sur la photo, les trois cofondatrices et quelques bénévoles actifs : de gauche à droite, Cécile Gau, Aurélie Rigal, Caroline Pillore, Marion Lembrez, Nicolas Saunier. Crédits : Jean-Philippe Moulet - DR