ToulÉco Green

Publié le jeudi 2 février 2017 à 14h06min par Aurélie de Varax

Idée neuve : Toulouse Clean-up veut lutter contre la pollution plastique fluviale

Né dans le giron du fablab toulousain Artilect, le projet Toulouse Clean Up mobilise l’énergie de jeunes makers et d’experts depuis sept mois. Ambition : nettoyer la Garonne de ses plastiques. Mise à l’eau du prototype imminente.

Selon l’organisation 7e continent : « 80% des plastiques observés dans les océans proviennent des continents et sont acheminés principalement par les cours d’eau ». Concentrés dans les gyres océanique, ils forment celui qu’on appelle désormais le 7e continent dont la superficie équivaut à six fois celle de la France. Face à cette réalité qui dérange, une équipe de makers toulousain regroupés au sein du fablab Artilect ont décidé d’agir à la source. Ils ont conçu un engin autonome capable de nettoyer la Garonne de ses déchets plastiques flottants.

Baptisé Clean Up, ce projet a été doté de 15.000 euros par la Fondation Orange dans le cadre du challenge « I make for my city » en avril 2016. Après une longue phase de conception qui a mobilisé pendant sept mois quinze experts techniques membre du fablab et dix jeunes de la Mission Locale et de l’association Trajectoire vers l’Emploi, la machine attend les dernières autorisations administratives pour une mise à l’eau.

« En juin 2016, nous avons validé le système de barrage réalisé en tissu synthétique pour guider les bouteilles vers un récupérateur. Nous venons de finaliser la machine permettant de passer du filet au récupérateur », raconte Alexis Eskenazi, le designer à l’origine de l’idée et pilote du projet. Objectif : récupérer sur la Garonne entre 3000 et 12.000 bouteilles par an.

Autonomie énergétique et économie circulaire

Soucieux d’inscrire Clean Up dans une approche 100% éco-responsable, le prototype est autonome en énergie. Le système repose sur un récupérateur, entouré de deux roues à aube, situés au bout d’un barrage en entonnoir. Activées par la force du courant, les roues entrainent un tapis mécanique qui remonte les bouteilles et autres déchets et les stocke dans un bac à vider périodiquement.

A noter que l’engin fait la part belle à l’économie circulaire. La flottaison du récupérateur qui peut supporter 600 kilogrammes de pression, est assurée par 420 bouteilles plastiques recyclées. Idem pour le barrage composé d’un tissu rempli de bouteilles récupérées. « La conception de cette machine s’est appuyée sur les outils du fablab comme la fraiseuse CnC pour découper les pièces et pales, la machine à coudre industrielle et une machine à fil à chaud pour assembler les pièces créée spécifiquement pour le projet », précise Sébastien Trouillard, ingénieur mécanique qui a assuré les validations techniques.

Tests en bassin imminents

Côté calendrier, la phase de test en bassin démarre en février et l’équipe projet espère obtenir les autorisations pour installer le récupérateur sur la Garonne pour trois mois, à partir de juin. "C’est une phase laborieuse actuellement mais ce serait dommage qu’un tel projet régional s’arrête là, confie Claude Soria, le vice-président d’Artliect.

Si cette expérimentation valide la pertinence de l’outil ce qui semble bien parti, le projet restera en open source et pourrait déboucher rapidement sur une start-up.
Aurélie de Varax

Sur la photo : une partie des parties prenantes du projet Toulouse Clean Up : de gauche à droite Sylvie Meslin Saint-Jean, déléguée Mécénat et Solidarité Fondation Orange ; Alexis Eskenazi porteur du projet ; Claude Soria vice-président Artilect Fablab ; Sébastien Trouillard, ingénieur mécanique et Audrina Gasq. Photo DR