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Publié le vendredi 18 décembre 2015 à 13h51min par Virginie Mailles Viard

Colomiers. Le complexe sportif Capitany monte sur la première marche du podium de Midi-Pyrénées Bois

Le complexe sportif Capitany à Colomiers reçoit le Prix Régional 2015 du bâtiment public de l’interprofession Midi-Pyrénées Bois. Un exemple colossal des potentiels du bois dans la construction, réalisé par des entreprises régionales.

Avec ses cinq terrains de foot, son stade d’athlétisme, son gymnase, sa maison d’activité gymniques (MAG) et son bâtiment technique, le complexe sportif Capitany bardé de bois est un pôle d’excellence en matière de compétition dans le grand Sud. Une place qu’il doit à cette rénovation où le bois a joué le premier rôle, et à la volonté du maître d’ouvrage, la ville de Colomiers qui n’a jamais lâché le projet malgré le changement de municipalité.

L’entreprise Arbonis, anciennement Satob Construction Bois, implantée à Boulogne-sur-Gesse, Toulouse et Bordeaux, a réalisé l’ensemble multisports qui s’étale sur 13 hectares. Spécialisée dans l’ossature bois et les charpentes bois, elle travaille en réseau avec les autres entités Arbonis, intégrées à Vinci, installées sur le territoire français.
Les anciens bâtiments ont été détruits et rénovés dans le même élan, en conservant l’empreinte de l’ancien. La plupart des ouvrages en béton ont été remplacés par du bois. Son utilisation a été majoritaire dans la structure, mais aussi dans le parement intérieur et extérieur, comme le détaille Alexis Liotard, conducteur de travaux chez Arbonis.
« La particularité d’un tel projet tient aux différents bâtiments qui le composent : le terrain d’honneur dont les gradins sont couverts par un auvent en bois, le gymnase et la MAG avec bardage et charpente en bois. D’un point de vue technique, certains bâtiments ont beaucoup de portée, jusqu’à 25 mètres, il faut donc pousser la structure bois dans ses retranchements. C’était un défi important. On arrive à un résultat à la fois élancé et léger. Nous avons une alliance de différents matériaux, mais le bois a des vertus écologiques et très résistantes. »

Des entreprises régionales, mais du bois venu des pays du Nord

Cette diversité d’utilisation se veut également être une ode au potentiel d’un matériau qui se prête à une grande souplesse et technicité. « Le bois permet de répondre aux exigences acoustiques des salles de sport. Les panneaux perforés atténuent les sons. Le lamellé collé peut, lui, remplacer d’autres matériaux. Le bois est non seulement écologique, mais on peut le préassembler, et le transporter directement sur le chantier. » Le chantier de cet ensemble colossal, d’un coût de 28 millions d’euros, dont 7 millions de subventions, n’aura duré que deux ans. Mais à part le bardage en Douglas venu de France, le reste du bois vient majoritairement des pays du Nord, par camions, en particulier pour les panneaux trois plis et le lamellé-collé. Un état de fait rendu possible par l’absence de contraintes des marchés publics sur la provenance du bois. Une partie est traitée par l’usine Arbonis à Boulogne-sur-Gesse, l’autre arrive directement sur le chantier. « On peut le déplorer, estime Alexis Liotard. « Mais on ne dispose pas en Midi-Pyrénées d’une scierie qui puisse par exemple réaliser la charpente de la MAG avec du LC douglas GL28HL. On n’a malheureusement pas encore d’usine qui puisse sortir spécifiquement ces éléments-là. »

Le concours organisé par Midi-Pyrénées Bois a confronté 31 réalisations de construction bois. Sept ont été primées. Pour l’interprofession Midi-Pyrénées Bois, Capitany peut servir de marche-pieds à la filière. « Nous allons pouvoir montrer le complexe en exemple aux maitres d’ouvrages publics. Il faut déjà les sensibiliser au matériau bois. Nous avons la chance d’avoir des entreprises françaises comme Arbonis qui peuvent réaliser des chantiers d’une telle ampleur. Cette réalisation est le résultat du travail de professionnels régionaux, HBM architectes à Rodez, le bureau d’études Batut à Montauban, et le cabinet d’architecture Fontaine-Malvy à Cahors. »

L’avenir de la filière bois régionale repose peut-être également sur la volonté des professionnels régionaux de proposer aux pouvoirs publics des projets dont l’envergure correspond aux compétences et techniques locales, réalisable par les industries régionales, avec le bois venu des forêts de de nos montagnes. Car ne l’oublions pas, la forêt de Midi-Pyrénées est la troisième plus grande forêt au niveau national.

Virginie Mailles Viard