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Publié le jeudi 11 janvier 2018 à 17h01min par Aurélie de Varax

Cobratex, le spécialiste du composite bambou, prépare une levée de fonds d’un million d’euros

Le toulousain Cobratex dont les travaux sur la fibre de bambou sont salués depuis 4 ans, prépare son changement d’échelle. Une levée de fonds est en cours pour affiner les derniers rouages avant l’industrialisation. Ses renforts en bambou visent le marché des composites.

2018 sera une année cruciale pour Cobratex. La Pme toulousaine créée en 2013 par Edouard Sherwood pour développer la fibre de bambou comme matériau composite renfort, boucle son second tour de table avec un objectif global d’un million d’euros. De quoi permettre à l’entreprise d’affiner les derniers paramétrages de son outils de production installé actuellement à Fenouillet. Et de préciser son positionnement.

Sur le marché en plein essor des matériaux composites, la Pme bénéficie d’une avance industrielle grâce à la concrétisation de son brevet pour extraire la fibre et la souder sous forme de bobine. Cobratex a mis au point sa ligne de production avec l’école des Mines d’Albi. « Grace à notre première levée de fonds (ndlr 640.000 euros), nous avons beaucoup travaillé en R&D avec nos clients pour développer des prototypes sur des secteurs très variés comme le sport et loisirs - casques de motos, surfs, skateboard -, le médical (orthèses et prothèses) et également le maritime, l’automobile et l’aéronautique (solutions d’aménagements intérieurs) », souligne Edouard Sherwood. « La technologie est validée : la finesse de nos renforts en bambou est adaptée aux process industriels de nos clients sur le marché des matériaux composites mais il faut maintenant moderniser l’outil de production. »

L’entreprise fait d’ailleurs partie d’un consortium de neuf partenaires lauréat du FUI (Fonds unique interministériel) dont Assystem, Airbus et le Cirimat. Ce projet doté de 2,6 millions d’euros vise le développement de composites biosourcés et renforcés en bambou.

Le bambou : un matériau aussi technologique qu’écologique

Les avantages du composite bambou sont nombreux. En alternative à la fibre de verre, il offre un produit ultra léger et renouvelable. Par rapport à son concurrent direct, la fibre de carbone, il offre de meilleurs performance sur la résistance aux vibrations, une moindre densité au mètre carré sans oublier ses atouts écologiques. Selon le dirigeant, « le bambou se démarque également des autres fibres naturelles comme le lin par l’immense potentiel qu’offre ses 1200 variétés et les applications possibles inhérentes à chaque espèce ainsi que sa pousse rapide qui offre plus de biomasse au mètre carré ».

Actuellement, la production est assurée en filière régionale puisque Cobratex s’approvisionne dans la plus grande bambouseraie européenne située dans le Gard, autour d’Enduze. A noter que la fibre doit être produite quand le bambou est vert d’où l’intérêt d’avoir les machines spéciales à proximité de la ressource. A terme, Cobratex envisage un modèle de production international pour être au plus près de sa matière première. La société compte actuellement une quarantaine de collaborations sur des développements de prototypes donc les demandes de fibres sont faibles mais dès la phase de pré-séries, la ligne de production devra être en ordre de marche. Une autre levée de fonds plus conséquente de plusieurs millions d’euros est donc prévue d’ici deux ans. Côté chiffre d’affaires, Cobratex escompte un premier résultat significatif permettant l’équilibre d’ici trois à quatre ans. Dès 2018, la société qui compte trois collaborateurs prévoit deux à cinq embauches.
Aurélie de Varax

Sur la photo de gauche à droite : Guillaume Beuvelot, directeur commercial, Edouard Sherwood, président et Jean-Michel Durand, directeur technique. Photo DR.