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Publié le jeudi 2 juillet 2015 à 21h47min par Virginie Mailles Viard

Catalis, l’incubateur éveilleur d’innovation sociale

Une année d’existence et déjà 21 projets en incubation. Catalis, l’incubateur d’innovation sociale, mis en place par l’Urscop et la Région Midi-Pyrénées, couve les projets structurants pour le territoire. Rencontre avec Emilie Masselot, coordinatrice du dispositif Catalis.

Emilie Masselot, lancé en mai 2014, Catalis avait pour objectif de repérer et de faire émerger les projets les plus novateurs. Où en êtes-vous en juin 2015 ? 

Emilie Masselot  : Durant cette première année nous avons lancé deux appels à projets pour lesquels nous avons reçu plus de 110 dossiers de candidature. Ce qui montre qu’il y a une vraie dynamique sur le territoire. Nous accompagnons actuellement 21 projets sur des thématiques très variées, puisque l’innovation sociale répond à des besoins de société tels que l’environnement, la culture, la mobilité. Quelques exemples de projets phares que l’on accompagne : un projet de ressourcerie, un projet autour des circuits courts alimentaires. Dans le domaine de la culture on accompagne un projet d’implantation de centre d’animation qui sera dédié à l’image et au son.

Ce sont des projets ambitieux. Vous recherchez des projets qui portent une structure pérenne dans le temps ?

Ils sont ambitieux à l’échelle d’un territoire, ils réunissent un certain nombre de partenaires et ils ont vocation à créer des dizaines d’emplois. Nous accompagnons uniquement des projets collectifs, qui sont portés par au moins deux personnes. La plupart ont vocation à créer plusieurs emplois directement au sein de la structure et d’apporter un dynamisme économique au territoire.

Votre secteur d’activité principal est la culture à 39%, puis 18 % sur l’environnement et l’alimentation. Comment analysez-vous ces pourcentages ?

Les associations dans le domaine culturel sont confrontées à une baisse des financements publics qui les met en péril. Elles se questionnent sur la recherche d’un nouveau modèle économique. Nous avons un vrai rôle à jouer pour les aider à innover. Certains projets réfléchissent à développer des activités parallèles comme l’hébergement, la restauration pour avoir une assise économique. Les projets sur l’alimentation et l’environnement sont des modes de distribution alternatifs, ou des projets qui sensibilisent sur les thématiques environnementales. L’artisanat est lui un secteur où les porteurs de projets mutualisent de plus en plus leurs outils et leur lieu de travail.

Qu’est-ce qui fait que ces projets-là trouvent au sein de Catalis les moyens d’exister, et pas dans un contexte « ordinaire » ?
Ce sont des projets qui nécessitent de créer des partenariats forts avec les acteurs implantés sur le territoire, avec les collectivités locales ou encore les citoyens. D’expérience, ces projets mettent parfois deux voire trois ans à émerger. L’objectif de l’incubateur est de raccourcir ce temps de maturation en les accompagnant depuis le stade de l’idée et pendant toute la phase de construction du projet. Tandis que la plupart des dispositifs déjà existant interviennent auprès de projets bien définis et bien structurés. Nous sommes en amont des dispositifs classiques de création d’entreprises.

Comment estimez-vous très en amont le potentiel d’un projet ?
Nous ne nous intéressons pas à la viabilité financière du projet puisqu’au stade où en sont les porteurs de projets c’est trop tôt pour juger. La première pré-selection se fait sur la valeur ajoutée sociale et environnementale. Nous pressentons dans le projet la volonté d’avoir une démarche collective et de répondre à un besoin existant sur un territoire. Une première phase d’accompagnement est alors enclenchée qui dure quatre mois, la pré-incubation. Nous travaillons sur une première définition de modèle économique, pour voir si il y a une viabilité. C’est là que se fait le premier travail de construction du projet. Puis il repasse devant un jury régional, qui valide ou non la poursuite de l’accompagnement en incubation.

En quoi consiste-t-elle ?
Il y a des journées de formation collective sur la création d’entreprise. Nous les faisons monter en compétence dans le domaine financier administratif, ressources humaines, marketing. Ils se forment à être de futurs dirigeants d’entreprise. Il y a également un accompagnement individuel pour un travail plus personnalisé sur les projets.

Est-ce que l’implantation géographique a son importance dans votre approche ?
Nous intervenons sur l’ensemble de la région hors agglomération toulousaine, où il existe déjà des dispositifs similaires. Ce sont les territoires ruraux où il y a le plus besoin de projets et d’accompagnement. Nous organisons des réunions d’information un peu partout, pour rassembler des partenaires, faire parler de l’incubateur et avoir plus de candidats. Certains territoires sont bien structurés comme dans le Gers, l’Ariège, le Tarn où nous avons des relais qui font remonter des projets. D’où notre objectif pour les mois à venir d’aller sur les territoires où nous sommes moins présents pour présenter le dispositif.

Propos recueillis par Virginie Mailles Viard

La date limite du prochain appel à projet est le 23 août 2015.