ToulÉco Green

Publié le jeudi 26 juin 2014 à 19h00min par Aurélie de Varax

Biodiversité et bâti, une alliance nécessaire qui peut rapporter gros

Signe des temps, les normes constructives intègrent la biodiversité dans les projets. C’est autour de cette question que le club Midi-Pyrénées éco-entreprises réunissait le 26 juin les professionnels du bâti à Toulouse. Bilan : c’est pas cher et peut rapporter gros.

« Pour nous la biodiversité est une science transversale qui permet de composer un programme d’aménagement équilibré de la ville ». Nicolas Réocreux, chef de projet au Nouveau Logis Méridional a donné le « la » de la rencontre organisée le 26 juin par le club Midi-Pyrénées éco-entreprises, sur les liens étroits entre le bâti et la biodiversité.
Le bailleur social participe depuis plus de 30 ans à la mise en œuvre des politiques publiques du logement social des agglomérations toulousaine et montpelliéraine. Parce que les investissements urbains engagent l’avenir à long terme, il milite pour la reconstruction plutôt que l’artificialisation des sols, étudie les trames vertes et bleues en amont et intègre la biodiversité dès la phase de démolition. Comme le projet de réhabilitation en cours à la Cité Blanche dans le Quartier des Izards, à Toulouse.

« Nous avons commencé par un diagnostic phytosanitaire et l’inventaire de la faune et la flore afin de déterminer les points sensibles, » explique Nicolas Réocreux. En même temps que la démolition l’entreprise a mené des actions d’ensemencement de luzerne pour améliorer la teneur en azote des sols, a créé des prairies ou laissé des espaces vierges. « Ces espaces ont une vocation éphémère. ils conservent la biodiversité du site. On les gardera car on connait le cercle foncier qui correspond à cette boucle verte. » Si cette démarche est particulièrement innovante, c’est qu’elle s’inscrit dans un cadre volontaire qui dépasse la réglementation sans s’inscrire dans une démarche normative comme les labels Leed, Breeam et HQE.

« La biodiversité ça rapporte »

Signe des temps, les urbanistes considèrent aujourd’hui la ville comme un écosystème qui doit se maintenir et « la biodiversité doit être prise en compte à toutes les échelles et toutes les phases d’un projet, » analyse Sébastien Faysse du cabinet L’Artifex. Ombre, refroidissement, humidification des milieux, coupe vent et nuisances sonores, aires récréatives, autant de services rendus dont on mesure qu’ils sont essentiels au bien-être en ville. Depuis 2010, l’entreprise GA intègre la biodiversité au coeur de ses projets dans le cadre du référentiel HQE, avec l’aide d’écologues. « En travaillant différemment les plans de paysagement, nous entretenons la biodiversité et réalisons des économies d’entretien et d’eau », détaille Jacinto Mendez du Cabinet CDA Architectes.

Au final, cela ne coûterait pas plus cher qu’un aménagement classique pour une valorisation que l’on commence à monétiser. Selon Pauline de Saint Font du cabinet de comptabilité extra-financière Figuris, « le différentiel de vente d’un immeuble HQE ou Breeam va jusqu’à 25%. » De même que la jouissance d’une belle vue depuis leur poste de travail augmenterait de 10 à 15% l’efficacité des employés. Mais l’important reste le suivi de ce qu’on a mis en place, avec des indicateurs adaptés.
Aurélie de Varax
Sur la photo : de gauche à droite Jacinto Mendez de CDA Architectes, Marine Maffre d’Entreprise GA, Pauline de St Front de Figuris, Sébastien Faysse du cabinet l’Artifex, Jérôme Segonds d’Ectare, Nicolas Réocreux du Nouveau Logis Méridional et Emmanuelle Parache de Biocenys. Photo : DR.