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Publié le lundi 14 juillet 2014 à 18h08min par Aurélie de Varax

Biodiversité : « Tout peut être enjeu de production aujourd’hui »

Au Séquestre dans el Tarn, des espaces verts communaux sont réaménagés en jardins potagers selon la gestion des « incroyables comestibles ». Pour le maire Gérard Poujade, président de l’Arpe [1], tout ce qui touche à la protection de la biodiversité peut être une opportunité (...)

Gérard Poujade, le Schéma régional de cohérence écologique (SRCE) sera dévoilé à la fin de l’année. Que va-t-il changer ?
Ce schéma donne une trame régionale en continuité avec la trame verte et bleue, avec cartes à l’appui. Il a l’obligation d’être pris en compte par les collectivités dans les documents d’urbanisme. C’est la principale révolution issue du Grenelle de l’environnement quant à la biodiversité.

Comment la protection de la biodiversité ordinaire peut-elle créer de la valeur économique ?
Le SRCE a vocation a donner des règles pour préserver ou améliorer la qualité de la biodiversité. Il n’y a pas un enjeu immédiat d’ordre économique mais certaines de ses contraintes peuvent être des opportunités. Par exemple les bandes enherbées, - ces dispositifs agro-paysagers devenus obligatoires pour protéger la biodiversité - sont l’occasion de réutiliser des terres dans un but économique : la production d’arbres, de fruits, de BRF (bois raméaux fragmentés, NDLR). Le potentiel est loin d’être négligeable car la somme totale des surfaces est plus grande que celle des parcs naturels régionaux.

Sur quels projets liés à la biodiversité, Midi-Pyrénées se distingue des autres régions ?
Nous avons un potentiel important en agro-foresterie, la place de l’arbre en Midi-Pyrénées est aussi quelque chose de significatif. La méthanisation a un très gros potentiel. Enfin, par la diversité de notre biodiversité ordinaire, Midi-Pyrénées dispose d’un éventail supérieur aux autres régions. J’espère, et ce sera peut-être un des enjeux de la nouvelle agence de la biodiversité, que nous allons créer des indicateurs à l’échelle nationale pour la valoriser. Quand on construit 1m² de bitume ou de béton, quelle est la part de la biodiversité altérée ? Quand je remplace 4 m² de pelouse par 1 m² de jachère, est-ce que j’alimente la biodiversité ? L’observatoire de la biodiversité que nous souhaitons mettre en place en Midi-Pyrénées peut contribuer à cet indicateur mais je crois qu’il doit être travaillé à une échelle la plus large possible.

Sur le terrain de l’entreprise, comment évolue la prise en compte de la biodiversité ?
Il y a deux choses qui sont très voisines : la compensation carbone et la compensation biodiversité. Dans le cadre de l’opération Carbone local initiée par l’Arpe pour accompagner des entreprises souhaitant compenser leur impact carbone par des plantations de haies localement, nous avons des résultats. Les Laboratoires Pierre Fabre et Cemex ont commencé et d’autres entreprises nous rejoignent. Mais si je prends en compte la compensation biodiversité, il n’y a pas de demande aujourd’hui. En revanche il existe une demande liée à la biodiversité qui prend de plus en plus d’importance : celle sur les approvisionnements en bio qui prouve que les entreprises de viennent de plus en plus techniciennes sur ces questions. Au sein de la coopérative agricole Qualisol dans le Tarn-et-Garonne, plus de la moitié des approvisionnements sont aujourd’hui passés en bio.
Propos recueillis par Aurélie de Varax.

Notes

[1Agence régionale du développement durable en Midi-Pyrénées