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Publié le jeudi 19 juillet 2018 à 17h30min par Aurélie de Varax

Avec sa flamme « propre » à hydrogène, Bulane passe à l’échelle industrielle

Diffusé le 14 juin 2018

Un combustible à haute performance produit à partir d’eau et d’électricité, c’est l’innovation mise au point par Bulane. Labellisée Pass French Tech, la clean tech de l’Ecoparc de Fabrègues, près de Montpellier, espère vendre plusieurs centaines d’électrolyseurs en 2018.

« Le Pass French Tech obtenu en avril a validé notre constance dans la croissance, supérieure à 75 % depuis trois ans. Il nous assure l’accès à un pool de partenaires, se réjouit Nicolas Jerez, créateur de Bulane en 2009. Cela devrait nous donner plus de visibilité, nous aider à aller plus loin, plus vite. Le temps coûte cher, si on peut en gagner, c’est très précieux. » Membre des réseaux French Tech, French Fab et CleanTech (Nicolas Jerez possède trois coqs rose, bleu et vert pour le prouver), Bulane a développé la technologie dyomix®, brevetée, avec le CNRS, qui fait disparaître les bouteilles de gaz des postes à braser et souders.

A partir de l’électrolyse de l’eau et de la combustion du gaz oxy-hydrogène, les électrolyseurs de Bulane produisent une flamme industrielle à 2800 degrés, sans rayonnement UV ni émission de CO2. L’innovation a fait le plein de soutiens ( Ademe, SATT AxLR, région Occitanie, BIC de la métropole de Montpellier, Bpifrance, Carsat) et Bulane a réussi à l’été 2015 une levée de fonds de 2,7 millions auprès d’investisseurs régionaux.

80% des partenaires en Occitanie


Après avoir vendu ses générateurs dyomix® à des dizaines d’industriels, Bulane a élargi fin 2017 son public aux professionnels, artisans frigoristes, chauffagistes et plombiers, grâce à un modèle mobile et compact de 35 kilogrammes, lancé avec Castolin (groupe Messer), primé au salon Batimat. Basé depuis fin 2017 à l’Ecoparc de Fabrègues, Bulane doit passer à l’échelle industrielle pour réaliser ses ambitions. « On est rentré dans le dur, lance Nicolas Jerez. Nous tablons sur une forte montée en charge en 2018, un doublement du chiffre d’affaires avec la vente de plusieurs centaines de machines ».

Pour la fabrication, Bulane s’appuie beaucoup sur des partenaires externes « tous Français, situés à 80 % en Occitanie. Une dizaine se trouve sur la métropole montpelliéraine ». Bulane prévoit aussi cinq recrutements, ce qui la porterait à quinze salariés fin 2018. Alors que le ministre Nicolat Hulot a annoncé le 1er juin un plan national de 100 millions pour développer la filière hydrogène, le jeune entrepreneur héraultais souhaite bâtir un écosystème industriel autour de la technologie Dyomix® et participe à la structuration de la filière hydrogène régionale.
Sylvie Brouillet

Sur la photo : Nicolas Jerez de Bulane (à gauche) avec son partenaire Vincent Martin de Castolin (groupe Messer). DR