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Publié le jeudi 18 avril 2019 à 19h10min par Audrey Sommazi

Autopartage. Accrochage sur le stationnement entre Citiz et la mairie de Toulouse

La décision municipale de supprimer les arceaux protégeant les places de parking réservées aux voitures en autopartage ne ravit pas le leader toulousain Citiz. Sa dirigeante redoute une perte d’activité. La ville plaide un problème juridique.

Les arceaux de la discorde. Chacune des deux parties fait valoir ses arguments. D’un côté, Citiz, le pionnier et leader toulousain de la voiture en autopartage. Fondée il y a onze ans, cette coopérative propose quarante-neuf véhicules sur station. En libre-service, les voitures sont garées en voirie sur des places de parking réservées. Or, les arceaux au sol que l’on lève et que l’on rabaisse pour conserver son emplacement vont être retirés sur décision de la ville de Toulouse, votée en conseil municipal en décembre dernier.

Concrètement, cela signifie que les abonnés de Citiz, et ils sont 3500, ne seront plus les seuls à s’y garer. Des clients d’opérateurs privés, comme Renault et ses voitures électriques en libre-service, pourront aussi stationner. « En assemblée générale le 11 avril dernier, les coopérateurs de Citiz, qui sont les utilisateurs, se disent inquiets et demandent à la ville de revenir sur sa décision », explique Céline Soulié, directrice de Citiz, qui craint que les abonnés ne se détournent de l’opérateur toulousain « sur la durée ».
« Ce système mis en place est vertueux et efficace », plaide-t-elle. « Les gens s’affranchissent de leur véhicule et sont amenés à pratiquer la multi-modalité. Notre service historique profite aux usagers et à la collectivité ».

Autre argument avancé pour peser dans le débat : « Notre modèle économique est pérenne et rentable. L’entreprise a atteint l’équilibre fin 2018. Nous avons fait nos preuves et nous aimerions ne pas avoir de bâtons dans les roues qui impactent notre activité, alors que l’on connait une baisse de croissance chaque samedi avec les manifestations des gilets jaunes ».

Nouvelles mesures

Du côté de la mairie de Toulouse, on temporise. « Citiz, dans laquelle Tisséo est actionnaire à hauteur de 15%, nous satisfait pleinement. Elle est une entreprise remarquable », reconnaît volontiers Jean-Michel Lattes, premier adjoint à la ville en charge des déplacements. Pour lui, le problème est « purement juridique ». « Nous n’avons pas le droit de réserver des places à des opérateurs privés qui peuvent nous attaquer en justice », explique-t-il. « Depuis un an, nous sommes en discussion avec Citiz afin de trouver un palliatif pour maintenir l’accès à l’autopartage ».

D’ici quelques semaines, probablement en mai et juin, des travaux seront menés pour démonter ces arceaux. Cette mesure sera accompagnée d’une nouvelle signalétique : un marquage au sol et l’installation de panneaux de mise en fourrière des véhicules ne respectant pas les emplacements. « Les usagers pourront aussi appeler le service Allo Toulouse, qui se chargera alors de contacter la police municipale et la fourrière », ajoute l’élu.
Audrey Sommazi

Sur la photo, Céline Soulié, directrice de Citiz. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco