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Publié le jeudi 3 décembre 2015 à 16h08min par Virginie Mailles Viard

Ariège. Le projet hydroélectrique de la CEM lève un million d’euros en crowdfunding

Le groupe ariégeois la CEM lève un million d’euros de fonds de particuliers pour sa future centrale hydroélectrique sur la plateforme de financement participatif Bulbintown. Une première dans le secteur de l’hydraulique et pour la plateforme de crowdfunding.

« L’hydroélectricité, une énergie renouvelable mature et performante : 100% de l’énergie vendue sur vingt ans. Un TRI ( Taux de rémunération sur investissement) de 7% par an sur sept ans. Un contrat avec EDF a été conclu pour les 20 prochaines années garantissant la revente de 100 % de l’énergie produite au tarif moyen de 0.091 €/KWh à EDF sur vingt ans, soit 6,8 millions d’euros. »
C’est par cette accroche que le groupe ariégeois la CEM [1] a convaincu les internautes de participer à une aventure collective autour d’une énergie renouvelable hydraulique. En moins de 45 jours, la société a réussi l’exploit de récolter un million d’euros sur la plateforme Bulbintown. Une première pour l’entreprise et pour l’opérateur de crowdfunding. Entre les salariés de l’entreprise, le réseau professionnel et personnel, et le carnet d’adresse de Bulbintown, ils sont 46 futurs partenaires à avoir investi dans le projet de création d’une petite centrale hydroélectrique en Ariège, sur le Moulin de Mourlasse.

L’idée est née d’un besoin de financement et du souhait de faire participer le grand public à une énergie renouvelable, explique le directeur général de la CEM, Martial Estèbe. « L’entreprise ne pouvait pas supporter l’intégralité du coût qui se monte à 3,7 millions d’euros. Soixante pour cent des fonds levés sur la plate-forme proviennent du réseau de la CEM et quarante pour cent de Bulbintown. » La future centrale bénéficiera d’une hauteur de chute de 5 mètres, et d’une turbine de 2 mètres de diamètre. Elle produira en moyenne 4,4 millions de Kw/h par an. La turbine transformera l’énergie en électricité et la distribuera directement sur le réseau ERDF.

La petite hydroélectricité : un secteur qui subit de lourdes contraintes

Cette levée de fond intervient dans une période ambivalente pour le secteur de la petite hydroélectricité. Si il est soutenu par la transition énergétique qui y voit l’énergie renouvelable la plus propre et la moins chère, la petite hydroélectricité subit paradoxalement des contraintes réglementaires de plus en plus dures. « Il est vrai, concède Martial Estèbe, que les exigences environnementales augmentent. La continuité écologique, qui exige de faire librement circuler les poissons et les sédiments, apporte des surcoûts en investissements : il faut des passes à poissons avec des grilles spéciales, l’installation de clapets. Ce sont aussi des surcoûts pour l’exploitation. Mais nous faisons avec ces contraintes. »

Le groupe CEM, installé à Tarascon, est une société familiale créée en 1988 qui détient quinze centrales hydroélectriques, ainsi qu’un bureau d’études qui s’adresse aux entreprises comme aux privés. Industriel spécialisé dans l’électricité, les automatismes, la chaudronnerie, et la mécanique autour de la production hydroélectrique, il est aussi également prestataire de services. Il exploite des centrales pour EDF et la production indépendante dans les Pyrénées, les Alpes et le Massif Central. Avec ses 80 salariés, le groupe a réalisé en 2015 un chiffre d’affaire de 12 millions d’euros.
Virginie Mailles Viard

Sur la photo : le modèle de turbine qui sera installé sur le site du Moulin de Mourlasse, une turbine de type DIVE.

Notes

[1En 2013, le Groupe CEM fusionne les SAS 2E, SMT, MRJ Services et AEB Technologies sous le nom de 2EI