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Publié le jeudi 24 mars 2016 à 11h46min par Aurélie de Varax

Agronutrition obtient sa première AMM sur le marché français des biofertilisants

Il s’appelle Connectis. C’est le premier produit d’Agronutrition, homologué comme biofertilisant, en France. Un premier atout pour conquérir le marché français naissant de la nutrition alternative des plantes. 

Agronutrition, l’entreprise toulousaine experte des compléments nutritionnels des plantes, vient de lancer Connectis, son premier produit sous AMM. Issu de la chimie verte, il utilise des champignons pour stimuler la croissance et le développement racinaire des plantes. Une symbiose végétale connue depuis 400 millions d’années. Grace à ces champignons qui lui apportent du phosphore, de l’eau, du fer, la plante demande moins de fertilisation et d’irrigation et renforce aussi sa protection naturelle en cas de conditions climatiques difficiles. 

« C’est le fruit d’un travail de six ans mené avec le Laboratoire de Recherche en Sciences Végétales (Université Paul Sabatier / CNRS) et cofinancé avec l’agence national de la recherche », souligne Cédric Cabanes, président d’Agronutrition. « Cela permet à notre entreprise d’affirmer ses ambitions en tant qu’acteur majeur sur le marché des biostimulants en Europe, et de contribuer au développement d’une agriculture nouvelle, éco-intensive et durable. » Connectis a déjà fait ses preuves notamment en Europe de l’Est, au Vietnam et en Argentine mais c’est une première en France où le marché des biofertilisants est naissant, un marché estimé à un demi million d’euros.

Innover au nom de la physio-efficience

Pour avoir une plante bien nourrie, il faut un sol bien nourri. L’idée n’est pas neuve mais elle connait un énorme essor depuis le milieu des années 2000, à travers l’agriculture de conservation des sols. Les techniques culturales simplifiées, le non-labour, les cultures sous couverts végétaux, l’agroforesterie, sont autant des composantes de cette nouvelle agriculture. Des pratiques perdues depuis l’après-guerre et dont certains progrès de la chimie verte optimisent les résultats, selon Cédric Cabanes. « Nous ne connaissons aujourd’hui que 5% de la vie biologique des sols. Notre idée est de remplacer la fertilisation azotée par de la fertilisation naturelle en nous appuyant sur ce que la nature a mis au point. Nous voulons optimiser l’équilibre biologique de la plante à travers des solutions d’alimentation naturelles par absorption filière. » Un concept que l’entreprise a baptisé la « phyisio efficience. » 

Sur ce concept, Agonutrition compte innover, y compris jusqu’à la rupture. Par exemple, l’entreprise développe en France depuis trois ans une nouvelle prestation de service, Solactiv, dont l’objectif est de Bio-amplifier certaines fonctions d’une parcelle. Le producteur envoie des échantillons de sol de sa parcelle à l’entreprise. Celle-ci multiplie les bactéries qui favoriseront la fixation d’azote, les incorpore dans une solution liquide qu’elle envoie à l’agriculteur : il ne lui reste plus qu’à la pulvériser sur sa parcelle.

Agronutrition a réalisé 55 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015 dont près de la moitié à l’export et emploie plus de 150 salariés. Elle prévoit trois nouvelles homologations dans les 12 à 24 mois et de doubler son chiffre d’affaires d’ici 2020.
Aurélie de Varax

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