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Publié le jeudi 23 novembre 2017 à 21h12min par Aurélie de Varax

Agnès Langevine : « biodiversité : il faut passer un cap dans l’appropriation citoyenne »

L’Occitanie vient de se doter de son comité régional biodiversité, ultime instance utile pour l’élaboration de la Stratégie régionale biodiversité, attendue pour le printemps. Explications avec Agnès Langevine, vice-présidente en charge de la transition écologique en Occitanie.

Agnès Langevine, pouvez-vous nous préciser l’arsenal régional mis en place sur la compétence biodiversité ?
Agnès Langevine  : Tout est lié au contenu de la loi pour la reconquête de la biodiversité d’août 2016. Nous venons de lancer une ultime brique cette semaine : le comité régionale biodiversité (CRB) qui est une instance réglementaire co-pilotée par l’État et la Région. Elle est dans la continuité des comités « trames vertes et bleues » mais avec pour mission de traiter de l’ensemble des sujets biodiversité. Elle est composée de 145 membres issus d’associations, de collectivités mais aussi d’acteurs économiques comme les aménageurs. Sa mission est de conseiller, aux côtés d’une autre instance consultative complémentaire : le comité régional scientifique. Ces deux instances vont donc donner un avis par exemple dans le cadre de l’élaboration en cours de la Stratégie régionale pour la biodiversité qui va fixer le cadre global. Et nous consulterons le CRB aussi sur le futur Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires Occitanie 2040. Un de ses groupes de travail va avancer aussi en lien avec l’Agence régionale de la biodiversité.

Quelles sont les missions de cette agence ?
L’Agence régionale de la biodiversité sera le bras armé de la stratégie régionale biodiversité et fonctionnera sur trois piliers : un sur la connaissance, avec la valorisation de l’Observatoire régional ; un second sur la mise en réseau des acteurs de la biodiversité ; et un troisième autour de tout ce qui est ingénierie de projets et accompagnement. L’agence consultera régulièrement les avis des deux comités consultatifs sur ces points.

Quelles sont les prochaines étapes ?
Nous avons lancé un appel d’offre pour choisir le prestataire pour nous accompagner dans l’élaboration de la Stratégie régionale à partir d’un diagnostic à l’échelle de la nouvelle région. Nous pensons être opérationnel au printemps 2018. Il est important de souligner que nous travaillons dans la continuité. Nous allons surtout mettre en oeuvre en nous appuyant sur les schémas régionaux de cohérence écologique qui ont été élaborés de façon très collaborative sur les deux anciennes régions.

S’il ne fallait citer qu’un enjeu important pour notre région, lequel ?
Nous avons encore à affiner notre connaissance des territoires mais surtout à partager cette connaissance. C’est l’objectif que nous avons avec le projet de développer un outil numérique pour partager l’ensemble des données liées à la biodiversité avec les associations, les professionnels de l’aménagement mais aussi le public. Un aménageur qui a un projet d’installation pourra appréhender son projet en prenant en compte dès le départ son impact sur la biodiversité. Je dirais que le cap actuel à passer n’est pas d’ordre technique mais dans l’appropriation citoyenne. Il y a de la biodiversité remarquable dans des espaces mais il y a aussi la biodiversité « ordinaire » que nous côtoyons tous les jours. La biodiversité doit remonter dans le calendrier politique et l’agenda citoyen car ce qui est enjeu, ce sont tous les services rendus par la nature infiniment précieux en terme de ressource - la pêche, les salins, l’agriculture… -et dans l’adaptation au changement climatique.
Propos recueillis par A. de V.

Abbaye de Lagrasse. Aude. Photo Antoine Darnaud.