ToulÉco Green

Publié le mercredi 12 juillet 2017 à 18h30min par Aurélie de Varax

ATMO Occitanie dresse son premier bilan de la qualité de l’air en Occitanie

Avec trente-six journées en pic de pollution dûs aux particules ou à l’ozone en 2016 en Occitanie, la qualité de l’air reste un enjeu préoccupant. Touleco Green fait le point avec Dominique Tilak, directrice générale d’Atmo Occitanie.

Quel air avons-nous respiré en Occitanie en 2016 ?
Dominique Tilak :
Nous sommes sur des tendances à l’instabilité sur le fond urbain, c’est à dire l’air que nous respirons tous, avec quelques tendances à la baisse assez encourageantes notamment sur les particules en suspension et le dioxyde d’azote. Pour les particules, cela pourrait être dû à la douceur de l’hiver. Pour le dioxyde d’azote, à une évolution du trafic routier sur certaines zones. Néanmoins pour ce dernier, nous restons en dépassement des valeurs limites pour la santé à proximité du trafic routier dans les grandes villes de la région : Toulouse, Montpellier, Perpignan et Nîmes.

Quelles sont les spécificités du territoire en matière de types d’émission ?
Concernant les épisodes de pollution qui ont été médiatisés, nous avons des particules différentes sur les zone du Piémont pyrénéens et du Piémont du Massif Central et sur la zone Est de la région qui inclut le bord de mer. Sur les zones de montagnes, nous avons des pics de particules l’hiver plutôt d’origine biomasse : déchets de végétaux, chauffage au bois ou brulage de déchets verts, et notamment écobuages. Sur la zone plus méditerranéenne, nous avons des épisodes plutôt d’origine maritime avec des embruns marins qui vont réagir avec des oxydes d’azote et créer une pollution aux particules. Et nous avons aussi des remontées de poussières désertiques d’Afrique qui provoquent parfois, en période chaude, des montées de particules. Enfin, nous avons de l’ozone sur l’extrême Est : le Gard et l’Hérault. C’est un polluant secondaire : des oxydes d’azote émis par les activités industriels, le trafic ou les végétaux comme les résineux réagissent avec le rayonnement solaire et la chaleur. Ils peuvent se transformer en composés organiques volatiles et ensuite en ozone.

3% du territoire toulousain et 2% du territoire montpelliérains sont exposés à des concentrations de polluants supérieurs aux valeurs limites. Est-ce préoccupant par rapport aux perspectives démographiques ?
Il y a un enjeu fort en terme d’urbanisme et d’aménagement du territoire qui consiste à sensibiliser les élus par rapport à ces zones à enjeux de pollution pour éviter une densification sur ces zones. Cela passe également par l’aménagement de modes de déplacements doux pour réduire les émissions. Sur le PLUiH de Toulouse Métropole (Plan local d’urbanisme intercommunal - Habitat), la qualité de l’air a été intégrée comme un facteur de santé publique.

Comment vous préparez-vous à répondre à la prise de conscience globale des enjeux liés à la qualité de l’air ?
Nous avons maintenant un projet stratégique rénové à l’échelle de la grande région avec notamment un axe stratégique d’innovation piloté par Fabien Boutonnet sur Montpellier. Notre objectif d’ici cinq ans est de pouvoir collecter, vérifier et intégrer à nos modèles un certains nombres de données recueillis par les citoyens à l’aide de capteurs afin qu’ils puissent être informés en temps réel sur la qualité de l’air qu’il respire à un endroit donné. L’enjeu est de travailler avec de la modélisation et de la donnée plus fine pour pouvoir actualiser beaucoup plus souvent que deux fois par jour nos modèles. Cela implique aussi de monter des partenariats avec les métropoles, le monde scientifique, les associations de citoyens, les start-up.
Propos recueillis par Aurélie de Varax

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