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Publié le mercredi 17 septembre 2014 à 10h41min par Virginie Mailles Viard

A Toulouse, le pont de la discorde

Alors que s’ouvre à Toulouse la semaine européenne de la mobilité, le pont reliant le site de l’Aérospace Campus au complexe scientifique de Rangueil est au coeur d’un conflit entre Toulouse Métropole et des associations toulousaines.

Depuis 2005, la Liaison Multimodale Sud Est (LMSE) qui relie le terminus du métro de Ramonville à Saint Orens, a subi de successives métamorphoses, chaque municipalité au pouvoir y projetant sa vision de la mobilité urbaine. Avec une nouvelle voie de 5 km, créée de toute pièce, la LMSE est alors destinée à améliorer la qualité de la circulation et des échanges entre les quartiers sud-est de Toulouse depuis Ramonville, Montaudran et les quartiers de Malepère et Marcaissonne, les communes de Saint Orens et Quint-Fonsegrives. Imaginée en 2005 par l’équipe de Jean-Luc Moudenc, elle se composait de la réalisation d’un pont au dessus du Canal du Midi, et d’un second passant au dessus de la rocade, reliant le site de l’Aérospace Campus au complexe scientifique de Rangueil.

En 2008, Pierre Cohen change la destinée de la LMSE en modifiant son tracé : la protection des zones humides et du triton marbré, et la levée de boucliers des écologistes, ont eu raison du premier pont. Le second, lui, sera élargi et aménagé pour le rendre uniquement accessible aux bus, avec une voie cyclable et une autre, piétonne. Le Grand Toulouse - devenu depuis Toulouse Métropole - signe avec les associations, 2 pieds 2 roues, les Amis de la Terre et Veracruz, un protocole d’accord qui protège le pont des assauts de l’automobile. Mais si l’objectif initial était de désenclaver le complexe de Rangueil et de fluidifier les interactions entre les modes de transports, les manières de l’atteindre divergent. Le pont n’a pas échappé au récent changement de majorité qui est en train de récupérer cette infrastructure qu’elle avait pensé originellement… pour les voitures.

"Nous irons devant le tribunal"

Pour les associations 2 pieds 2 roues, Vera Cruz et les Amis de la Terre, ce retour aux sources n’a pas de raison d’être : " Jean-Luc Moudenc est coincé, il ne peut pas oublier ce protocole, réagit vivement Florian Jutisz de 2 pieds 2 roues . Ou nous irons devant le tribunal administratif. Et il faut trouver des alternatives : plus on crée des passages pour les voitures, plus cela pousse les gens à prendre leur voiture. " La direction de l’Université Paul Sabatier a aussi fait savoir qu’elle ne souhaitait pas voir les voitures envahir le campus.

« Mais cet espace a été pensé multimodal dès sa création ». Pour Jean-Michel Lattes, adjoint au maire de Toulouse et vice-président de la Métropole en charge de la Mobilité, Pierre Cohen a orienté cette liaison en excluant des modes de transports. Un choix qui engorge la rocade estime-t-il : " C’est à cet endroit, entre UPS (Université Paul Sabatier) et Rangueil que l’on trouve les plus gros embouteillages. Et ce tronçon de la LMSE est sous exploité : il est vide. Les enseignants me sollicitent pour trouver une solution. Nous étudions donc la possibilité d’ouvrir une des parties à la circulation générale. Ce pourrait être un axe urbain avec de nouvelles fonctionnalités. Nous devons trouver le moyen de faire cohabiter les modes de transports."
Les études en cours au sein de Toulouse Métropole évalueront l’impact sur les engorgements quotidiens de l’ouverture de certains morceaux de la LMSE à la circulation. Avec ses 11 stations, ses 8 lignes réaménagées, la LMSE a bénéficié de 60 M€ d’investissement, dont 60 % par Tisséo et 40 % par Toulouse Métropole.

De leur côté, les associations lancent une pétition en ligne, et une manifestation le samedi 11 octobre.
Virginie Mailles Viard

Sur la photo : Présentation de la semaine européenne de la mobilité. De gauche à droite Marthe Marti, adjointe en charge du zénith et du cirque ; Didier Cujives président de Midi-Pyrénées Europe ; Jean-Michel Lattes, adjoint au maire de Toulouse et vice-président de la Métropole en charge de la Mobilité ; Philippe Le Cocquen, directeur du service Mobilités Gestion Réseaux. Crédit photo : Bernard Aïach

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