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Publié le jeudi 24 octobre 2019 à 17h33min par Isabelle Meijers

A Toulouse, Murfy implante son service de réparation d’électroménager à domicile

Alors que le projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire est prévu en discussion à l’Assemblée Nationale, Murfy lance son modèle de réparation forfaitaire de l’électroménager en panne. Objectif, réduire le nombre d’appareils jetés.

Comment déjouer la célèbre loi de Murphy dans les cas de panne de votre électroménager ? « Contrairement à l’adage, le pire n’est pas toujours certain. Aujourd’hui en France, seuls cinq millions de produits électroménagers sont réparés chaque année, sur les vingt-huit millions qui tombent en panne, soit une proportion de 18%. Or il s’avère que dans 90% des cas, ils sont réparables. Pour lutter contre ce gaspillage, nous avons lancé Murfy, d’abord à Paris, puis Lille et maintenant Toulouse, Marseille et Lyon », répond Guy Pezaku, fondateur de Murfy en août 2018 au côté de quatre ingénieurs associés.

Un forfait de réparation

D’une moyenne d’âge de 28 ans, les créateurs proposent un concept simple. Des tutoriels de réparation sont proposés sur la plateforme. Sinon il est possible d’opter pour une prise en ligne de rendez-vous dans les 24 heures. Un forfait d’intervention à domicile de 75 euros, déplacements et main-d’œuvre compris, sera alors facturé. Si l’appareil n’est pas réparable, le client ne paie rien, sinon il prend à sa charge le coût des pièces détachées si nécessaire. Ces dernières sont fournies dans les deux ou trois jours qui suivent la première intervention et les réparations Murfy sont garanties six mois. « Depuis notre création, nous avons réparé près de 10.000 appareils. Dans la moitié des cas, aucune pièce détachée n’est nécessaire. Et dans 80% des cas, elles représentent moins d’un tiers de la valeur d’un produit neuf », souligne le dirigeant.

Suppression des intermédiaires


Ce nouveau venu de l’économie circulaire a généré un chiffre d’affaires d’un million d’euros au cours de sa première année d’exercice. Murfy table sur une forte progression dans les années à venir, à 1,5 million d’euros en 2019 et déjà 6 à 8 millions d’euros en 2020. Il est vrai que Murfy se déploie à grande vitesse dans l’hexagone. Nice, Bordeaux, Strasbourg et Montpellier ouvrent dans quelques semaines. « La compétitivité de notre modèle repose sur la suppression de tâches à faible valeur ajoutée comme l’organisation des tournées ou la prise de rendez-vous par un opérateur, qui sont gérés par la plateforme. Un technicien a sa tournée optimisée avec à peu près huit à dix clients programmés dans une journée, il encaisse lui-même le prix de la visite par carte bancaire », explique Guy Pezaku.

La concurrence se réveille

Les réparateurs, recrutés par région, sont tous salariés de Murfy. Ils représentent vingt-deux des quarante collaborateurs de l’entreprise actuellement. Les concurrents de Murfy sont les artisans indépendants ou les enseignes de la distribution spécialisée telles Fnac Darty ou Boulanger. « Mais les premiers ne disposent pas d’un réseau national et les seconds sont aussi intéressés par la vente de produits neufs », relève Guy Pezaku. Pour autant, les grandes enseignes se réveillent. Fnac Darty commence aussi à faire le pari de l’économie circulaire. Fin octobre, le groupe actualise son vieux concept de « contrat de confiance » en proposant une réparation gratuite de l’électroménager pour le paiement de 9,99 euros par mois.
Isabelle Meijers

Sur la photo : Guy Pezaku, fondateur de Murfy, veut lutter contre le gaspillage de 500.000 appareils de gros électroménager jetés chaque année en Haute-Garonne en proposant un service de réparation abordable. Photo Murfy DR.