ToulÉco Green

Publié le mercredi 5 mars 2014 à 17h57min par Virginie Mailles Viard


Colloque national sur le soja, 
la petite graine qui monte


Le premier colloque national du 21e siècle sur le soja, « Le soja, un atout pour nos territoires », s’est tenu à l’Hôtel de région Midi-Pyrénées le 4 mars. Le soja revient en force sur la scène agro-alimentaire régionale.


Le Cetiom, centre technique interprofessionnel des oléagineux et du chanvre, et l’Onidol, organisation nationale interprofessionnelle des graines et fruits oléagineux, avec le soutien de la région Midi-Pyrénées, ont organisé le mardi 4 mars à Toulouse, à l’Hôtel de région, le premier colloque national sur le soja du 21e siècle. Cette graine oléagineuse revient sur le devant de la scène agro-alimentaire, poussée par la demande chinoise, et des cours en bourse qui se stabilisent. Elle intéresse à la fois l’agriculture conventionnelle et biologique, pour ses vertus protéiques, et son autonomie énergétique. Là est la mission du centre Cetiom Sud qui observe et étudie les variétés qui sortent, comme celles du groupe aveyronnais RAGT semences.

Chaque année, les nouvelles variétés passent entre les fourches caudines de Cetiom qui en étudie entre autres, le rendement, la résistance, la tolérance aux maladies. Le tournesol et le colza voient leurs variétés augmenter chaque année d’une dizaine de nouveaux-nés. Avec ses trois variétés supplémentaires annuelles, le soja est donc une petite culture, mais qui attire de plus en plus les regards. « Déjà, parce que le poulet, première production mondiale devant le porc, demande beaucoup de protéines de ce type. » explique Pierre Jouffret responsable de la zone Sud de Cetiom et organisateur du colloque " Le soja, un atout pour nos territoires".

D’autre part, la Chine est devenue une consommatrice de viande, et enfin, chose qui ne s’est pas produite depuis 15 ans, le prix du soja se stabilise. La graine de soja est redevenue une protéine d’avenir. « Elle a des qualités nutritionnelles, et environnementales. Puisqu’elle n’a pas besoin d’azote. Elle fixe l’azote dans l’air, et tire ainsi son autonomie énergétique. Ce qui satisfait les agriculteurs en bio qui n’utilisent pas d’engrais chimiques. »

L’autonomie régionale : l’avenir du soja en Midi-Pyrénées



L’Argentine, le Brésil, gros producteurs de soja principalement OGM, tiennent une grande partie du marché mondial. Mais, volontaire pour échapper à l’importation, et gagner son autonomie, la région a son mot à dire, et le colloque du 4 mars a permis de faire émerger « les intérêts et les interrogations grandissantes de la filière. » témoigne Pierre Jouffret. « Les débouchés sont doubles, d’un côté l’alimentation humaine, et de l’autre l’animale avec les tourteaux. » La première est bien structurée, il reste la seconde. « Nous avons un département porteur, le Gers, qui est le premier département producteur de soja en France, et qui détient 30% de surfaces de soja en agriculture biologique. Mais il nous manque les outils de transformation régionaux. »

Combler cette lacune permettra d’organiser la chaîne qui va de l’agriculteur, en passant par la coopérative, jusqu’au fabricant. Elle devrait trouver rapidement une solution grâce au plan protéines, qui vise à favoriser l’autonomie des régions. Un éleveur de veau dans l’Aveyron n’aura plus ainsi à faire venir son soja d’Uruguay, il l’achètera sur son territoire. Mais il faut agrandir les surfaces de production, stabiliser les prix, et trouver l’organisation qui rende ce nouveau paysage durable.

Virginie Mailles Viard